Marché tunisien

Comment se forme le prix de l'huile d'olive en Tunisie

03/09/2026

Chaque campagne, la même question revient chez les producteurs comme

chez les huileries : à quel prix va se vendre l'huile cette année ? Il

n'existe pas de réponse simple, et tout chiffre précis mérite d'être

vérifié auprès d'une source officielle ou d'un opérateur du marché au

moment où la décision est prise, tant les évolutions peuvent être

rapides d'une semaine à l'autre. Ce qui peut en revanche s'expliquer

durablement, ce sont les grands facteurs qui pèsent sur la formation de

ce prix.

La récolte tunisienne, un facteur de poids

Le premier déterminant est, sans surprise, le volume de la récolte

nationale. La production oléicole tunisienne connaît des variations

significatives d'une année sur l'autre, en partie liées à

l'alternance naturelle de production de l'olivier (une bonne année

suivie souvent d'une année plus faible) et aux conditions climatiques

de la saison, en particulier la disponibilité en eau pendant les

périodes clés de développement du fruit. Une récolte abondante tend

mécaniquement à peser sur les prix intérieurs, une récolte faible à les

soutenir.

Le marché mondial et les grands pays producteurs

La Tunisie exporte une part significative de sa production, ce qui

relie directement son marché intérieur aux prix pratiqués à

l'international. Les résultats de récolte des grands pays producteurs

méditerranéens — Espagne, Italie, Grèce en tête — influencent fortement

les cours mondiaux : une récolte espagnole en forte baisse, par exemple,

peut tirer la demande vers d'autres origines, dont la Tunisie, et

soutenir les prix locaux, indépendamment de la récolte tunisienne

elle-même.

Le taux de change et les devises

Une bonne partie du commerce international de l'huile d'olive se fait

en devises étrangères (euro, dollar selon les marchés de destination).

L'évolution du taux de change du dinar tunisien face à ces devises a

donc un impact réel sur la compétitivité à l'export et, indirectement,

sur les arbitrages entre vente locale et vente à l'exportation que

peuvent faire les opérateurs.

La qualité de la récolte, pas seulement son volume

Un volume de récolte ne dit pas tout : la répartition entre huile

extra vierge, vierge et lampante compte tout autant que le tonnage

global. Une campagne marquée par des conditions climatiques

difficiles pendant la maturation (chaleur excessive, attaque de mouche

de l'olive, pluies tardives) peut produire un volume correct mais avec

une proportion d'huile extra vierge plus faible que d'habitude — ce qui

modifie la structure des prix par catégorie, même si le prix moyen

global bouge peu.

Les stocks reportés d'une campagne à l'autre

Le niveau des stocks disponibles au moment de l'ouverture d'une

nouvelle campagne — chez les huileries, les exportateurs ou dans les

circuits de stockage — influence également la dynamique des prix en

début de saison. Une campagne qui démarre avec des stocks reportés

importants tend à peser sur les prix des premières semaines, le temps

que ces volumes s'écoulent.

La politique commerciale et les accords d'exportation

Les conditions d'accès aux marchés export (contingents, accords

commerciaux avec l'Union européenne ou d'autres partenaires) jouent

aussi un rôle, en particulier pour les opérateurs qui exportent une

part importante de leur production. Ces conditions évoluent avec le

temps et méritent d'être vérifiées auprès des organismes officiels

compétents plutôt que supposées stables d'une année sur l'autre.

Ce qu'une huilerie peut réellement piloter

Face à des facteurs de marché largement hors de son contrôle, une

huilerie garde la main sur plusieurs leviers concrets :

  • la qualité produite, qui détermine dans quelle catégorie

commerciale (et donc quelle fourchette de prix) son huile se

positionne ;

  • le moment de la vente, en arbitrant entre vendre rapidement après

trituration ou stocker en citerne dans l'attente d'une évolution de

marché — un arbitrage qui suppose de bien connaître son coût de

stockage et sa trésorerie ;

  • la diversification des débouchés (vente locale, export direct,

façonnage pour des tiers), qui réduit la dépendance à un seul canal

de vente et à ses conditions de prix.

En résumé

  • Le prix de l'huile d'olive tunisienne dépend de la récolte nationale,

mais aussi du marché mondial, du taux de change et des stocks

reportés.

  • La qualité de la récolte compte autant que son volume dans la

formation du prix par catégorie.

  • Toute donnée chiffrée précise se vérifie auprès d'une source

officielle au moment de la décision, jamais sur la base d'un

souvenir de campagne précédente.

  • Une huilerie ne pilote pas le marché, mais pilote sa qualité, le

moment de sa vente et la diversification de ses débouchés.

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